Le ‘vrai’ Gordon Gekko soutient #BernieSanders: il faut #taxerlesriches

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Actor Michael Douglas is shown in his role as Gordon Gekko from the 1987 Oliver Stone film “Wall Street” in this publicity photo released to Reuters September 15, 2009.

Reprendre aux riches, afin de les restituer à la classe moyenne, les monumentaux cadeaux fiscaux que leurs ont offerts les gouvernements successifs depuis la «révolution conservatrice» (Reagan, élu en 1980): fantasme populiste, archaïsme marxiste (pléonasme)? C’est certainement à contre-courant de notre chère pensée unique (en anglais, ‘TINA’, «il n’y a pas d’alternative»). Mais ‘le vrai’ Gordon Gekko, lui, ose le blasphème à l’encontre de sa propre caste de milliardaires, en soutenant que la «Révolution politique» de Bernie Sanders, c’est bien le remède, et le seul viable au vu des programmes politiques concurrents, à la récession rampante qui mine la classe moyenne aux É.U. Et d’insister que c’est bien le bon sens économique qui le lui fait dire, pas de charité!

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Gordon Gekko, c’est le protagoniste de ‘Wall Street’, film culte des ‘yuppies’, dont la devise,  «l’avarice est créatrice» (“Greed is good”), était restée lontemps un modèle du genre, avant que le PDG de Goldman Sachs, Lloyd blankfein, ne lui fasse prendre un coup de vieux, en 2009, en déclarant devant le Congrès américain «Je fais l’oeuvre de Dieu […] Vous devriez être contents» (“I’m doing God’s work […] Everybody should be happy”). Le personnage est inspiré du milliardaire Asher Edelman, âgé de 48 ans en 1987, l’année du krach boursier et de la sortie en salle de ‘Wall Street’, aujourd’hui de 76 ans. Il est surtout connu pour avoir été un pionnier (comme Bernard Tapie en France, mais sans l’interminable galère judiciaire et ultimement la «ruine de chez ruiné») de la prise de contrôle hostile de sociétés  (“corporate raiding”). Il était recemment l’invité d’une émission télévisée de la chaîne CNBC, qui est un peu dans le genre de ‘Les experts’—débats et controverses, l’émission présentée par Nicolas Doze sur BFMTV, à cette différence près qu’on attend le jour où un pavé dans la marre comparable à celle dont s’est «rendu coupable» le ‘vrai’ Gordon Gekko, à suivre, défraye la chronique:

Lorsque que vous avez le «top 1%» qui s’octroie la plus grosse part du gâteau, ils dépensent 5 à 10% de leur revenu. Les catégories à bas salaire, au contraire, dépensent 100%, voir 110% [(c’est à dire vivent à crédit)], de ce qu’ils gagnent. L’aggravation des inégalités a causé une pénurie de consommateurs (1) qui plombe la croissance. Bernie [Sanders] est le seul qui, de mon point de vue, envisage un stimulus fiscal[, c’est à dire une ponction sur les riches pour la recycler dans l’économie], et des règles bancaires susceptibles de relancer l’économie réelle, par opposition à la spéculation. D’un point de vue économique, c’est sans appel.

Précédant ce passage, les membres de l’équipe de l’émission avaient insinué qu’Edelman (Gordon Grekko dans la vraie vie) se trompait sur le fait qu’il y aurait une récession, qu’il voulait sans doute parler de problème social, pour les gens qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts, bref, qu’il déraille. Et Edelman d’enfoncer le clou (paraphrase): «Pour le top 1%, c’est vrai, il n’y a pas de récession, mais pour […] l’américain de base[, qui] n’a pas eu d’augmentation salariale depuis 15 ans, c’est une récession. Je vous parle bien d’économie et de monnaie, pas de problème social.»

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Bien qu’elle conclue sur la justification des dérives qui ont produit Enron et Lehman Brothers, la fameuse tirade de Gordon Gekko, celle où, s’adressant à une assemblée d’actionnaires d’une société cotée,  il prononce «l’avarice est créatrice», contient aussi quelques perles de perspicacité sur le capitalisme financiarisé:

Mesdames, Messieurs, je ne vais pas vous conter une fable, mais vous donner mon constat de la réalité economique et politque. L’Amérique est sur le déclin. Son solde extérieur et son déficit budgétaire sont un cauchemar. À l’époque où notre pays était une puissance industrielle, les gestionnaires de l’entreprise répondaient de leurs actes devant les actionnaires. Les Carnegie et les Mellons à la tête d’empire industriels le voulaient ainsi, parce que c’était aussi leur argent qui était en jeu. Aujoudh’hui, le management roule pour lui même, pas l’entreprise. […] Vous vous faites mener en bateau par ces bureaucrates, avec leurs dîners d’affaire, parachutes dorés, et privilèges en tout genre. C’est le moins apte qui fait sa loi. Eh bien, je n’y adhère pas. Pour moi, soit on réussit, soit on est éliminé. […] Je ne suis pas un charognard, je libère les entreprises. Le fait est, Mesdames et Messieurs, que l’avarice est une bonne chose. Elle est juste, elle marche, c’est la main invisible de la sélection naturelle. Et l’appât du gain—je pèse mes mots—ne va pas seulement sauver votre investissement, mais aussi cette autre multinationale appelée L’Amérique.

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